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De 1924 à 1949

 

 

  

1924

 
Refondation du Carmel à Valenciennes
 
« Mon diocèse est détruit. J’ai plus de deux cents églises par terre : je veux tout rebâtir sur le fondement de deux œuvres purement spirituelles : le Carmel et la Trappe.
Ma Mère, voulez-vous me donner un essaim de vos filles ? »
                                      Propos de Monseigneur Chollet à Mère Marie de Jésus.
 
 
            Nous sommes en 1919, au lendemain de la Grande Guerre. Mère Marie de Jésus di Rudini est prieure du Carmel de Paray-Le-Monial, alors en plein essor. Elle accepte la demande de Monseigneur Chollet
En plus de la fondation qui se fera dans le diocèse de Cambrai, la prieure projette la fondation de Montmartre (Paris) et celle du Reposoir (Haute-Savoie).
  

 

     
    «  Archevêché                                                           Paray, le 2 mars 1919
             de
        Cambrai                                                                       
 
 
            « Un très reconnaissant merci, ma Révérende Mère, pour votre si généreuse offrande. C’est le don du cœur, celui qui plaît à Dieu et qui touche les malheureux. Merci également pour les prières qui ont déjà monté et qui monteront encore du Carmel vers Celui qui est tout puissant et qui sait d’un mot créer les mondes et relever les ruines. J’emporte de ma visite un souvenir délicieux et un espoir réconfortant. Je vous attendrai là-bas. Quand vous y serez, nous méditerons ensemble sur les opportunités et les beautés de la contemplation qui est la forme la plus haute de l’activité humaine puisqu’elle se rapproche le plus de l’activité éternelle des Trois Personnes Divines et de l’acte essentiel des Elus.
                        Je bénis la ruche et les abeilles.
                                                                                  + Jean
                                                                                  Arch. de C. »
 
Quelle ville du Nord accueillera l’essaim de Carmélites de Paray ? Cambrai ou Valenciennes ? Monseigneur Chollet répond à Mère Marie de Jésus dans la lettre du 4 juin 1919.
 
« Archevêché                                                 Cambrai, le 4 juin 1919
            de
       Cambrai
                                  
                                   Ma Révérende Mère…et un peu « fille », n’est-ce pas ?
            Combien je suis touché des sentiments de votre bonne lettre et combien je les partage. Oui, c’est à une œuvre de mort vivante et féconde, de prière dans le sacrifice et dans l’expiation rédemptrice que je vous convie et je serai très heureux d’en assurer le bénéfice à mon diocèse.
            Vous voudriez être à Cambrai et les raisons que vous donnez me vont au cœur. Certainement, où que vous soyez dans le diocèse de Cambrai, je réclamerai la joie d’être votre
Père et votre Supérieur et m’efforcerai de vous apporter le plus possible de ce que vous donnez le
grand Cardinal Perraud. Mais Cambrai me paraît difficile à choisir : d’abord, il n’y a pas d’exode d’habitants - ils sont tous revenus – mais pénurie de maisons : la moitié incendiée et l’autre moitié bombardée ; puis il y a déjà à Cambrai, un monastère de Clarisses.
            A Valenciennes, il n’y a pas de cloîtrées. Il y avait là un Carmel avant la Révolution. Le milieu est trois fois plus important que Cambrai et donnera des vocations de meilleur aloi. La propriété que je vous ai signalée est entourée de terrains vagues ou plutôt non bâtis qu’on pourrait acquérir. Et puisque vous avez eu la bonté filiale de soulever une question personnelle à mon sujet, mon intention est de faire à Valenciennes, chaque année des séjours assez longs, - Valenciennes est du reste, très rapprochée de Cambrai, à trois quarts d’heure en temps normal - pendant ces séjours je vous verrai et même aurai-je l’audace de vous le dire ?- si vous aviez un appartement au dehors favorable, je pourrai choisir votre communauté au lieu d’une autre parfois. Mais ceci est vraiment trop d’audace dont la confiance affectueuse de votre lettre est la cause.
            Prions, prions et que l’œuvre de Dieu se fasse dans le sacrifice et vous, ma révérende mère et fille, et à mon autre « fille », Sœur Cécile de la Trinité, mon bien respectueux dévouement et ma meilleure bénédiction.
                                                                       + Jean Chollet
                                                                 Archevêque de Cambrai
 
 
            Si Mère Marie de Jésus a donné son acceptation pour la fondation, encore faut-il obtenir l’accord de Monseigneur Chassagnon, l’Evêque du diocèse d’Autun dans lequel se trouve le monastère de Paray…
            Après un premier refus, Monseigneur Chollet ne s’avoue pas vaincu, il écrit à nouveau à son homologue et dans la lettre du 8 janvier 1920, il invite Mère Marie de Jésus à la confiance.
 
      « Archevêché                                             Cambrai, le 8 janvier 1920
            de
      Cambrai
 
                        Ma Révérende Mère et bien chère fille.
            J’ai tardé à vous répondre parce que j’attendais d’Autun une lettre qui ne vient pas. J’avais su le refus d’autorisation opposé par Mgr d’Autun à l’essaim cambrésien. J’avais écrit le 2 décembre. Je viens d’écrire de nouveau. Espérons et prions. C’est vous dire que je ne vous « lâche » pas et que je tiens à avoir ma petite ruche carmélitaine. Laissons maintenant Dieu conduire toutes choses et ne nous troublons pas. Ces entraves initiales sont les
fondements que Dieu aime à donner à ses édifices. Pendant ce temps, nous poursuivons nos études de terrain. Je vous offre, ma chère fille, tous mes vœux. Ils vous veulent très grande et très petite : très grande en vie surnaturelle et aux yeux de Dieu, très petite à travers les lunettes de votre humilité. Ils veulent votre monastère très saint par la régularité religieuse, par l’esprit d’abnégation et de fraternité, par l’amour de Dieu. Ils veulent aussi beaucoup de prières pour votre très religieusement dévoué
                                                                                  + Jean Chollet
                                                                                      Archevêque de Cambrai »
 
L’autorisation tant espérée arrive enfin !
 
            Douze Carmélites sont choisies pour la fondation de Valenciennes. Le 16 septembre 1924, la porte de clôture du monastère de Paray s’ouvre après la lecture de la lettre d’obédience de Monseigneur Chassagnon, Evêque d’Autun.
           
La première messe au 29 de la rue Capron est fixée au 21 septembre 1924.
 
La vie conventuelle s’organise…
L’ensemble du monastère est agréable, mais étroit. Il y a si peu d’air et si peu d’espace !...
L’installation rue Capron devait être provisoire…
Les sœurs y sont restées 25 ans…
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