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De 1235 à la Révolution Française

 

 

 

XIII ème : implantation à Valenciennes
           
Au cours du XIIIème siècle, la situation politique en Palestine s’aggrave : les incursions des Sarrasins qui veulent reconquérir la Terre Sainte, se font de plus en plus menaçantes.
            Ces évènements sont à l’origine des traversées qui, peu à peu, établissent l’Ordre en Occident.
           
Vers 1250, première implantation des Carmes à Valenciennes…dans les Flandres…
 
            Pierre de Corbie, accompagné d’un autre frère, obtient des échevins de la ville, avec l’autorisation de Jeanne, comtesse de Hainaut et de Flandres, la permission de s’établir dans le quartier des tanneurs.
            Ils s’installent place de Malanoy (actuelle place de l’Hôpital ) avant que leur couvent ne soit détruit par un incendie criminel en 1290 et qu’ils n’aillent le réinstaller en la rue Tournisienne (actuelle rue de Lille) .
            Simon Le Boucq, prévôt et historien de Valenciennes, raconte cette épopée dans son livre Histoire ecclésiastique de la ville et comté de Valentienne, écrit en 1650.
 
Aujourd’hui, l’impasse des Carmes (près de la caserne) et le canal des Carmes témoignent encore de la présence passée des Frères à Valenciennes.
 
           
 
 
XIIIe-XVe siècles
 
Le Carmel féminin en France
 
            Jusqu’à maintenant, nous avons beaucoup parlé des hommes…mais des femmes, isolées ou en groupes, vivent aussi de l’Esprit du Carmel.
 
            Un peu partout en Europe, au Moyen Age, on rencontre, adossées à des églises ou à des couvents, des maisonnettes, dans lesquelles reclus et surtout recluses se font murer, afin d’y servir Dieu dans la solitude et la prière.
 
            En France, en Angleterre et en Flandres, des recluses se mettent sous la direction spirituelle des Carmes. Elles reçoivent l’habit de l’Ordre et suivent la Règle du Carmel. D’autres femmes vivent dans le monde une vie consacrée à Dieu, sous la conduite des Pères de l’Ordre, soit isolément, soit réunies en communauté : les béates en Espagne, les béguines aux Pays-Bas.
 
En 1452, une communauté de béguines demande à Jean Soreth, alors Prieur Général du Carmel, son affiliation à l’Ordre.
Il faut attendre 1463 pour voir la naissance du premier Carmel féminin de France : Françoise d’Amboise, « la Bonne Duchesse » de Bretagne fait venir à Vannes neuf béguines de Flandres (Liège). Plusieurs Carmels bretons verront ensuite le jour.
 
            La voie est ainsi ouverte pour les Carmels issus de la Réforme qui vont bientôt se propager, en Espagne d’abord, en France ensuite et peu à peu dans le monde entier …
 
 
 
 
XVIe siècle
 
la Réforme du Carmel en Espagne :
le Carmel thérésien
 
            A Avila, au XVIème siècle, 180 religieuses vivent au monastère de L’Incarnation. Comme il doit être difficile, dans de telles conditions, de demeurer dans la prière silencieuse, de vivre une vraie amitié avec toutes les sœurs, de se mettre en présence de Dieu dans la solitude…
 
            C’est dans ce monastère que Teresa de Ahumada entre en 1535. Thérèse de Jésus est aussi connue sous le nom de Thérèse d’Avila.
            En 1555, à l’âge de 40 ans, Thérèse entend l’appel du Seigneur qui l’invite à changer de conduite et à Le suivre de façon plus conforme à l’Evangile. Elle vit une véritable conversion.
 
            Thérèse se lance dans la réforme de l’Ordre du Carmel et fonde un premier couvent à Avila le 24 août 1562. Elle le place sous le patronage de Saint Joseph.
            Bientôt accompagnée de Jean de la Croix, entré chez les Carmes en 1564 et qui souhaite lui aussi vivre une vie authentique de prière et de silence, offerte pour le salut du monde, Thérèse d’Avila poursuit les fondations à travers l’Espagne: elle ouvre 16 couvents en 20 ans.
 
L’Ordre des Carmes Déchaux, appelé également Carmel thérésien est né…
 
 
 
 
1604
 
Fondation du Carmel thérésien en France
 
            L’appel de Dieu à cette vie d’intimité avec Lui se fait fortement ressentir dans la France du XVIIème siècle et sous l’influence de Madame Acarie, le projet d’amener des Carmélites espagnoles pour fonder un Carmel à Paris va se concrétiser.
 
            Madame Acarie, mariée et mère de 6 enfants crée une institution pour former les jeunes filles françaises aspirant à la vie du Carmel, puis participe à la fondation des Carmels de Paris, de Pontoise, d’Amiens, de Rouen et de Tours. En 1614, un an après la mort de son mari, elle entre au Carmel d’Amiens où elle prend le nom de Marie de l’Incarnation. En 1616, elle est envoyée au Carmel de Pontoise pour raison de santé ; c’est là qu’elle meurt en 1618.
 
            C’est avec beaucoup de difficultés et après vingt ans de tergiversations que Monsieur de Bérulle et Jean de Brétigny finissent par obtenir du Père Général des Carmes et du Supérieur des Carmes d’Espagne la permission de ramener en France des sœurs carmélites et surtout, des religieuses de leur choix.         Ils désirent qu’elles soient proches de la Mère Thérèse d’Avila pour que les traditions et l’esprit du Carmel réformé soient transmis avec la plus pure authenticité.
 
Anne de Jésus est choisie pour être la Mère fondatrice ; Anne de Saint Barthélemy, converse, la fidèle et sainte compagne de Thérèse jusqu’à sa mort, quitte son Carmel de Saint Joseph d’Avila ; deux professes de Salamanque, Isabelle des Anges et Béatrix de la Conception suivent ; la plus jeune, Eléonore de Saint Bernard du Carmel de Loeches, est tout indiquée, c’est la seule qui parle français. Le Carmel de Burgos donnera Isabelle de Saint Paul.
 
Deux noms sont à retenir pour la suite de notre parcours :
Anne de Saint Barthélemy et Isabelle de Saint Paul
 
Les 6 Carmélites venues d’Espagne s’installent à Paris, au Prieuré Notre Dame des Champs
le 18 octobre 1604.
 
 
 
 
1607
 
Fondation du 1er Carmel en Belgique
 
            A la demande de l’Archiduc d’Autriche Albert de Habsbourg et de son épouse l’infante d’Espagne Isabelle, 5 des 6 sœurs espagnoles, à savoir Anne de Jésus, Anne de Saint Barthélemy, Béatrix de la Conception, Eléonore de Saint Bernard et Isabelle de Saint Paul se rendent à Bruxelles pour fonder le premier couvent des Pays-Bas en 1607.
 
 
 
 
1618
 
Fondation du Carmel à Valenciennes
 
            Au début de l’année 1618, suite à l’avis favorable aussi bien que pressant des Archiducs Albert et Isabelle, le Magistrat de Valenciennes, composé d’un prévôt et de douze échevins, accepte l’installation de Carmélites dans la ville, alors en territoire espagnol.
 
            Quatre religieuses arrivent le 4 octobre 1618, rue Cambrésienne (actuelle rue de Famars) conduites par Isabelle de Saint Paul, espagnole, prieure du monastère de Tournai.
 
            Les Carmélites se transportent bientôt rue d’Enghien (actuelle rue des Capucins) puis, en septembre 1625, dans une vaste demeure devant l’entrée du cimetière Saint Géry (du côté de la place Froissart, jusqu’à l’angle de la rue de Mons, avant le percement de l’avenue Albert Ier
 
            Parmi les Carmélites qui rejoignent Valenciennes au cours de l’année 1618 se trouve Anne Alberte de Saint Joseph : Anne de Maulde, née à Valenciennes, revient dans sa ville natale après son engagement religieux à Anvers, prononcé devant Mère Anne de Saint Barthélemy:
 
            Les Carmes déchaux, fondés par Jean de la Croix sont autorisés à ouvrir un couvent à Valenciennes. Hébergés d’abord dans la rue Montoise, ils s’installent plus tard sur la paroisse de la Chaussée (Notre-Dame). En 1790, ils quittent leur Couvent qui devient l’Hôtel-Dieu.
 
            En 1677, la ville de Valenciennes est conquise par Louis XIV et elle est cédée à la France par la paix de Nimègue (1678).
 
 
 
 
La Révolution Française
 
            A la fin du XVIIIème siècle, à cause de sa situation géographique, la communauté des Carmélites de Valenciennes eut à subir les conséquences de deux conflits.
            Depuis 1713, une partie des Pays-Bas appartient à l’Empire d’Autriche. L’Empereur Joseph II décide la suppression de tous les ordres contemplatifs dans son Empire, ce qui entraîne l’expulsion des religieux hors des Pays-Bas. Des Carmélites sont accueillies par leurs sœurs de Valenciennes dans les années 1780.
            Début 1790, ce sont les menaces de la Révolution française qui entraînent les tracas des inventaires de biens et la dispersion de la communauté de Valenciennes.
En 1796, l’église et le couvent sont entièrement démolis.
 
            De cette époque troublée, seul un laissez-passer incomplet, datant de 1793, découpé en quatre morceaux témoigne de la situation d’exil à laquelle furent soumises les sœurs.
            Sur ce document, figurent les noms de 4 Carmélites : Eléonore Thérèse, prieure, Adélaïde, sa sœur, Elisabeth et Joséphine.
            La communauté de Googstraten (ou Hoogstraten), fondée en 1678, est une communauté de sœurs anglaises. Nous savons que Eléonore Thérèse et Adélaïde sont parties en Angleterre, et que Joséphine, après avoir rejoint le Carmel d’Anvers est, elle aussi, passée en Angleterre.
 
 
            Des évènements plus dramatiques ont secoué l’Ordre du Carmel. Il suffit de mentionner le martyre des seize Carmélites de Compiègne le 17 juillet 1794.
 
            La tourmente qui a frappé l’Eglise et la vie religieuse en France s’est poursuivie à travers l’Europe tout au long du XIXème siècle. La renaissance du Carmel se fera difficilement dans ce contexte.
          

         

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